Dix leçons à méditer

Nous avons rassemblé ci-dessous dix leçons à retenir des différentes pages de ce site. Elles concourent toutes dans la même direction pour faire en sorte que la transformation écologique de nos pratiques quotidiennes se généralise sur tout le territoire français, rapidement et de façon pérenne. En d’autres termes, pour que le virus écologique, l’éco-virus, puisse se propager rapidement à grande échelle, à la fois dans l’espace et dans le temps.

1. Ne pas se tromper de message

Il est essentiel, dans le contexte actuel, de se fixer les bonnes priorités dans toutes nos actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France. Pour cela, il ne faut évidemment pas se tromper de message dans toute notre communication, et donc prendre la raison par le bon bout ! Si nous ne le faisons pas, nous allons soit perdre du temps, soit perdre de l’argent – l’un comme l’autre sont très précieux – soit encore – ce qui est pire – s’engager sur une voie sans issue. Les leçons qui suivent en sont une illustration.

2. Les interdictions et culpabilisations ne sont pas de mise

La transformation de nos pratiques quotidiennes pour réduire rapidement et sur le long terme nos émissions de gaz à effet de serre nécessite de tout mettre en œuvre pour que l’éco-virus puisse se propager à grande échelle. Pour cela, il faut éviter toutes les situations qui pourraient constituer des barrières à sa propagation. Parmi celles-ci, les barrières psychologiques ne sont certainement pas à négliger. Les interdictions ou encore la culpabilisation du citoyen ne sont pas de mise.

3. Chacun doit trouver les solutions qui lui sont propres

La propagation de l’éco-virus doit se faire dans le plus de directions possibles, et dans différents domaines. Il s’agit d’une part des acteurs en présence – citoyens, associations, industriels, collectivités territoriales et état – et d’autre part des domaines du logement, de la nourriture ou encore des transports. Chacun doit y contribuer de façon cohérente avec sa spécificité, ses responsabilités et ses capacités financières propres, et tous en même temps. Se défausser de ses actions sur un autre acteur n’est pas la bonne solution pour favoriser la propagation de ce virus.

4. Se concentrer sur les ordres de grandeurs, pas sur les pourcentages

Les discussions à n’en plus finir sur les pourcentages d’augmentation, de diminution, ou encore de comparaison d’un pays à un autre ne nous disent rien sur la vraie valeur des nombreuses quantités qui contrôlent le réchauffement de l’atmosphère dans le monde. Et il ne sert à rien de discuter de la valeur à l’unité près de ces quantités. Cela ne sert qu’à entretenir les disputes stériles à n’en plus finir entre experts et/ou journalistes, en éludant les vraies questions. Seuls les ordres de grandeur sont pertinents pour comprendre les tenants et les aboutissants de toutes les questions qui se posent dans ce domaine.

5. Tous les gaz à effet de serre n’ont pas les mêmes échelles de temps

Le réchauffement climatique est lié à la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et donc à leur accumulation au cours du temps. Une grande partie du dioxyde de carbone – environ 40% – émise chaque année est encore présente après une centaine d’année, alors que le méthane est détruit presque intégralement après environ 50 ans. Il suffit donc de s’assurer, à l’échelle d’une cinquantaine d’années, que les émissions annuelles de méthane restent constantes ou même diminuent pour que leur concentration dans l’atmosphère reste aussi constante, voir même diminue. C’est actuellement le cas en France. La première priorité doit donc être de réduire rapidement et de façon substantielle nos émissions de dioxyde de carbone car celui-ci continue de s’accumuler même après une centaine d’année tout en accompagnant de façon raisonnée la diminution de nos émissions de méthane.

6. Ce qui est vrai pour un pays ne l’est pas obligatoirement pour un autre

Réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans le domaine de l’énergie implique de s’intéresser à toute la structure de consommation énergétique d’un pays, et donc aussi à toute sa structure de production d’électricité. Et cette structure est nécessairement différente d’un pays à l’autre. Les solutions que l’on doit trouver ne sont donc pas obligatoirement les mêmes d’un pays à l’autre. On peut le voir par exemple en comparant la situation en France et en Allemagne.

7. La France ne peut pas s’isoler de ses voisins Européens

Les gaz à effet de serre sont émis par toutes les activités humaines sur le territoire de chaque pays. Ils sont ensuite véhiculés à grande distance par les mouvements des grandes masses d’air à l’échelle d’un continent et plus généralement du monde entier. La situation en France dépend donc aussi des émissions de gaz à effet de serre de nos pays voisins, et cela depuis le début du XXème siècle. L’action raisonnée de l’Union Européenne est donc essentielle pour arriver à circonscrire les effets du réchauffement climatique en Europe. Et cette action doit s’adapter nécessairement à la structure de production d’électricité de chaque pays.

8. Comment développer l’utilisation de voitures électriques?

Le développement à grande échelle de l’utilisation de voitures électriques est une condition essentielle pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans le domaine des transports. Il faut le faire aussi rapidement. Pour cela, il convient de favoriser les voitures les plus petites, de type citadines ou compactes, dont les prix sont le plus proche des voitures similaires à essence, et favoriser en même temps les lieux de recharge les plus adaptés à ces types de véhicule. De ce point de vue, le développement des points de recharge dans les parkings d’habitats collectifs, d’entreprises ou de services publics – plutôt que sur les parkings d’autoroute – est une condition sine qua non pour un développement à grande échelle de la voiture électrique.

9. Éoliennes et panneaux photovoltaïques: pour faire quoi ?

Dire qu’il faut développer les parcs d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre ne suffit pas ! Il faut d’abord définir dans quelles conditions il convient de les utiliser. En France, cela n’est pas de les coupler au réseau national comme n’importe quelle autre source de production d’électricité. Il faut d’abord définir une nouvelle source de consommation d’électricité en adéquation avec le caractère intermittent de ces sources, et qui permette de réduire réellement et à grande échelle nos émissions de gaz à effet de serre. La filière hydrogène est actuellement la solution la plus adaptée pour une telle utilisation.

10. Etre renouvelable ne suffit pas

Depuis plusieurs dizaines d’années, le langage commun est de développer rapidement et à grande échelle la mise en œuvre d’énergies renouvelables pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Mais il faut bien réaliser que le simple fait d’être renouvelable ne signifie pas que cela permette de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Ces deux notions ne sont pas équivalentes. Elles le sont effectivement dans le cas des centrales hydrauliques – qui peuvent au pied levé remplacer l’utilisation de centrales thermiques à gaz particulièrement polluantes – mais pas dans celui des parcs d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. Tout simplement parce que la première est pilotable, alors que les seconds ne le sont pas.